14 août 2011
52. Cinquante deux
Vie professionnelle : check
Vie amoureuse : check
Vie amicale : demi-check
Vie familiale : anti-check
Tout ne peut pas aller bien.
22 octobre 2010
51. Cinquante et un
C'est l'histoire d'un homo qui craque sur un hétéro et il lui dit. Au début l'hétéro le prends bien puis ça se gatte.
Ce que je vis en ce moment c'est une véritable aventure humaine: 100 personnes ensemble dans une école, nous sommes tout le temps en groupe. Les sentiments sont démultipliés et tout va très vite.
En 3 semaines j'ai appris à connaître des gens, je me suis confié. J'ai eu des beaux moments avec eux et aussi des déceptions.
Demain c'est le retour à la réalité, la vraie vie. Nous sommes dans une bulle, juste nous, coupés du monde extérieur.
Le retour a la réalité va être violent.
23 juin 2010
50. Cinquante
Fin de l'année scolaire. Le collège est vide, mes troisièmes sont dispensés de cours pour pouvoir réviser chez eux. J'ai eu 3 quatrièmes que j'ai laissé dans la cour avec un ballon de foot, comme les autres profs.
Derniers moments dans l'Éducation Nationale. Comme je m'amuse à le dire, je pars juste à temps, avant que le bateau coule.
Finalement c'était cool l'enseignement. J'ai eu une bonne année, des bonnes classes dans des bons établissements.
Je me souviens avoir eu une frayeur en septembre après le refus d'un poste à l'année. Puis deux semaines plus tard je prends un remplacement dans un lycée: seconde, première S et terminale ES. Pour la première fois je suis en lycée et je fais des maths devant des élèves motivés - exceptés les secondes, qui ressemblent à des troisièmes.
Je vais assister à un drame avec les terminales qui perdent un camarade lors d'un accident de voiture. Je l'apprends via facebookfacebook et l'annonce à la direction de l'établissement. Je me retrouve devant une classe complètement amorphe, les regards dans le vide et des mouchoirs sur les tables. Mon enseignement passe à côté. Ils n'ont rien faire des probabilités.
Puis arrive le poste à mi-temps dans le meilleur collège de la ville. La réalité est tout autre, la professeur titulaire est partie en maladie: les élèves ont défoncés la porte de sa salle de cours. Je me retrouve devant une classe qui ne sait rien faire, où les problèmes de discipline sont récurrents, le tout couplé à un fort absentéisme. Certains élèves ont plus de 20 jours d'absences par trimestre. Il me semble que depuis le mois de novembre je n'ai jamais eu la classe entière. Ça se passera plus ou moins bien -ils sont assez lunatiques- et ça dépendra de qui vient. Jusqu'au jour où un élève lève une chaise contre un prof. Finalement ce n'est pas si reposant que ça.
Dans ce collège de centre ville, l'équipe de math est installée depuis longtemps. Heureusement avec une stagiaire on essaye de faire bouger les choses. On organise deux brevets blancs, il y a trois ans, il n'y avait même pas de brevet blanc. L'équipe de maths est soudée, on se fait des restaurants, des cafés après les cours. C'est plaisant de travailler dans ces conditions.
La fin de l'année est épuisante, le rectorat complète mon emploi du temps dans un lycée. Je n'ai qu'une seule classe: des terminales S. Le nec plus ultra pour un prof de math. Je parle d'intégration, de combinaisons, de lois de probabilités. Des vraies maths !
La première semaine j'avais un énorme stress avant de commencer mes cours. Ça m'a demandé une préparation folle, au moins 2h pour une heure de cours. Il faut que je les amène jusqu'au bac: je n'ai pas droit à l'erreur.
Les deux dernières semaines sont intenses: 15h par semaine. On ne fait que du bachotage dans une ambiance détendue. Le contrecoup est que je supporte de moins en moins mes collégiens.
Le bac de mathématiques c'était hier. Par chance, nous avions fait un exercice qui est tombé. Le bilan est positif, j'attends avec impatience les résultats le 6 juillet. Il est probable d'avoir un 100%. L'épreuve de mathématiques n'était pas très dure, voire facile.
Fini l'enseignement, je pars dans quelques mois pour un nouveau métier. Peut-être que dans quelques années j'y reviendrai. Les conditions se dégradent, le métier change mais le contact avec les élèves va me manquer.
24 janvier 2010
49. Quarante-neuf
Aujourd'hui les lauréats au concours du CAPES n'ont que 2 ou 3 classes et 2 journées par semaine de formation à l'IUFM. L'année prochaine ils seront envoyés directement à temps plein devant les élèves, la formation se fera pendant 12 semaines à partir du mois de mars.
Je ne vois pas l'intérêt de former les futurs professeurs 7 mois après l'arrivée dans l'établissement. Pendant ces 12 semaines d'absence, ils seront remplacés par des étudiants en master qui préparent le concours. Comme ils ne peuvent faire qu'une centaine d'heures de cours, les élèves auront 3 professeurs différents pendant 12 semaines. Je souhaite bien du plaisir aux futurs étudiants qui vont arriver dans ces classes et je me demande bien comment se fera la continuité pédagogique !
En gros, pendant un an les élèves auront droit à un prof stagiaire puis 3 étudiants non formés. Personne n'a pensé qu'ils vont perdre un an de scolarité?
Je me souviens avoir commencé mes remplacements dans un très bon collège, calme et extrêmement bien tenu par la direction. Des élèves sans problèmes d'autant plus que j'avais deux classes de sixième. Pourtant ça a été un échec, c'était ma première expérience et j'ai commis toutes les erreurs possibles. Heureusement c'était la fin de l'année et mon "calvaire" n'a duré que 5 semaines.
22 janvier 2010
48. Quarante-huit
Lundi, un inspecteur de mathématiques est dans l'établissement pour évaluer un stagiaire. J'espère qu'il n'aura pas envie de voir comment ça se passe dans ma classe.
Comme je n'ai pas eu le concours, on ne m'a jamais expliqué comment il faut faire. Je ne sais pas si mes cours sont bons, si je fais trop de contrôle, donne pas assez de devoirs, etc.
Par contre je sais que je ne respecte pas les instructions officielles sur les activités de découvertes. On nous demande de faire découvrir à l'élève les théorèmes et les propriétés. L'élève doit apprendre seul, et on ne doit faire marquer sur le cahier que l'essentiel, pas forcément sous forme d'une leçon. Pour moi c'est transformer les mathématiques en un espèce de jeu. C'est une philosophie que je ne partage pas, j'aime bien faire un cours avec quelques exemples. Puis enchaîner avec une bonne vingtaine d'exercices d'application et finir avec quelques exercices plus difficiles.
De plus, cette pédagogie est difficile à mettre en place, les meilleurs élèves finissent les activités en 5 minutes et il faut les occuper, les moins bons qui ont dû mal et à qui il faut venir expliquer quelques points pour débloquer la situation, et les autres qui en profitent pour ne rien faire.
Si je devais choisir je préférai qu'il vienne me voir avec les troisièmes, même s'ils sont pénibles je suis certain que pendant l'espace d'une heure il feront l'illusion d'une classe normale. Tandis que la classe quatrième quelques élèves sont foncièrement mauvais et pourrait profiter de cette situation pour faire pire que d'habitude.
